Galerie Arts 06

Galerie Arts 06

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Retrouvez toutes nos expositions depuis 2010

 

Vous pouvez également consulter la liste des lectures de poésie organisées par la galerie en suivant ce lien

 

 

Année en cours

 

14 septembre - 31 octobre

Leonardo Rosa, in fine

Déchets ramassés et posés côte à côte sans ordre sur la table de l’atelier. Il n’y a plus d’œuvre – au sens de l’objet. Ici le passage du temps précède l’intention de l’artiste qui se limite à la découverte de ces chosesjetées sur la route, les plages, dans les bas-côtés, les poubelles de plein air. Pour la plupart, on a oublié, non pas leur nature, mais leur utilité. Impossibles à identifier, créées par l’homme et abandonnées par l’homme. C'est un monde que l’on recompose à partir de fragments, mais un monde imaginaire, intime, dont les résonances nous appartiennent – où l’on projette ses propres dessins. Qui, une fois ses mues opérées (c’est à dire débarrassé de l’usage des objets), fait peau neuve, mais peau de métal rouillé, de tissu oxydé, de verre brisé, de plastique fondu. C’est la grâce de Leonardo Rosa, qui sous l’apparence d’une fin de parcours, et dans un chemin de poussière vers lequel nous allons tous, nous donne in-fine à voir le langage émergeant de formes perpétuellement réinventées.

 

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27 juin - 29 août

Gilbert Pastor, peintures et dessins

On arrive toujours trop tard devant un tableau de Gilbert Pastor. Le drame est noué. Le drame, ou plutôt quelque chose d’irréparable, de l’ordre de la terreur recroquevillée de vivre. Personnages prisonniers de leurs chambres sombres, prostrés sur des lits défaits, allant jusqu’à se confondre aux draps, corps anonymes fondus dans une prostration aveugle. Etres abandonnés à leurs cauchemars, visages d’enfants, silhouettes hagardes. On assiste désemparé à la détresse silencieuse de personnages muets, sans issue. Dans ces tableaux qu’on entendrait pleurer la nuit, il y a toujours une lumière, qui témoigne d’une porte, d’une fenêtre à la marge de la toile. Un découpage de lumière géométrique qui vient poser sa froideur sur le corps nu, et semble toujours indiquer plutôt le point d’entrée des menaces extérieures qu’une possibilité d’échappatoire.  Restent les fantômes, surgis de la matière, nés d’un hasard de couleurs et qui semblent passer dans l’urgence de se soustraire aux murs qui les dessinent et tentent de les figer. Traces d’esprits, vapeurs de rêves, âmes dissociées, c’est cette impalpable matière qui vient achever de nous troubler – on ignore s’ils viennent nous hanter ou s’ils nous indiquent une sortie. 

 

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du 2 mai au 20 juin

Gérald Thupinier, une figue de paroles

…une figue de paroles… le tracé d’abord d’un crayon, qui dessine le contour d’une forme à remplir, comme le possible d’un territoire à combler autant qu’à transgresser. Un motif, celui de la feuille de figuier, pour une parole plurielle, motif comme une matière, motif immobile dans la variation de la matière. Ces feuilles seront blanches, non pas stériles mais issues de la fécondation, de la variation du blanc, jusque dans ses gris, ses noirs, ses ocres, nuances posées sur l’échelle du blanc.

Brouillages, coulures, empâtements, déplacements d’un geste qui vient étrangement lisser la surface, lui donner une douceur muette. Il se joue ici la simplicité d’une forme qui se dépasse et se recompose à l’intérieur de ses propres contours. Une vibration intime, incertaine, un écho en soi. On voudrait toucher cette peinture, qui offre un miroir à la profondeur plane ; un silence. On ne touche jamais que la surface de l’autre.

Feuilles de figuier végétales en pochoir sur les papiers éclaboussés, sur les papiers passés au noir de fumée, les eaux sales de l’atelier, l’huile indélébile. Feuilles rescapées d’incendies, motifs peints avec des restes. Comme pour en tester la résistance, la dilution possible du trait, du contour d’une matière qui ne cherche pas à faire bouger les bords du motif mais qui vient le recouvrir, le repousser, le salir ; en sonder la limite. Nous sommes dans le geste profond de la peinture, ce dialogue incessant qui étreint la forme autant qu’il la rejette, pour enfin la révéler, distordue, repensée, intangible et neuve.

 

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14 mars - 18 avril

Editions Le Bleu du Ciel

Retour sur un parcours éditorial

Avec des lectures de Pierre Le Pillouër, Pierre Mabille, Jérôme Mauche et Didier Vergnaud.

L'exposition retrace le parcours des éditions Le Bleu du Ciel de 1990 à 2015, avec des œuvres de Bernard Heidsieck, Jean-Jacques Ceccarelli, Pierre Mabille, Michel Herreria, Denis Castellas, Bernard Noël, Hubert Lucot, Jean-Romain Manciet, Anne-Marie Pécheur, Alain Lestié, Jean Sabrier... ainsi que de nombreux livres d'artistes.

 

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10 janvier - 7 mars

Emilie Lagarde, Le sous-bois

 

Dans le sous-bois clos et secret, dense comme un monde, vit une étrange société. Des hommes, des femmes, des enfants sont rassemblés ici, dans les clairières, autour des mares. Nus, immobiles, dans une humanité mal définie, à hauteur animale, et que semblent définir d’étranges rituels : fêtes, baignade, chasse. Des masques, des processions.

 

On aperçoit des ombres, entre les arbres, des silhouettes nous tournent le dos. Des visages suspendus. Certains restent là, à l’intérieur de leur rêve, d’autres nous regardent comme si nous les avions dérangés, les yeux vides, comme si nous n’avions rien à faire là. Que nous n’avions pas à être leurs témoins.

 

Ce monde ne semble pas avoir d’entrée, ni d’issue. Peut-on même le pénétrer ? Il est imperméable à notre temps, tant ces personnages paraissent liés – comme envoûtés – par le sous-bois, leur existence tendue par un sens souterrain de la communauté.

 

Le monde immobile que peint Emilie Lagarde, dissimulé dans l’obscurité de la forêt, pose en creux la question de la parole. Tout est silencieux dans cette société dont la communication semble passer plutôt par le symbole et le rituel que par la langue. On devine des murmures, on dialogue avec les animaux, c’est tout. Comme si ces êtres, dont l’identité profonde reste mystérieuse, étaient sortis du langage.

 

 

Emilie Lagarde est née en 1980. Le sous-bois est sa première exposition à la galerie Arts 06.

 

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20 septembre - 23 octobre

Gilles du Bouchet, Pages ouvertes

 

25 octobre - 20 novembre

Gilles du Bouchet & Thierry Le Saëc, Regards d'ateliers

 

22 novembre - 3 janvier

Thierry Le Saëc, El cant dels ocells

 

De septembre à décembre, nous présentons un cycle de trois expositions autour des artistes Gilles du Bouchet et Thierry Le Saëc.

 

La première exposition, Pages ouvertes de Gilles du Bouchet, se tiendra du 20 septembre au 23 octobre, et présentera peintures, dessins, gravures et sculptures à travers lesquelles l'artiste investit la question de la fragmentation du lieu, de l'espace de cette page ouverte de la création. Œuvre labyrinthique où le blanc trace des chemins plus qu'il ne les efface, où les masses essaient en permanence de s'ajuster, créant le motif instable en perpétuel mouvement d'un territoire qui ne cesse de s'inventer autant qu'il se dérobe.

 

Ce rapport à un monde que l'on tenterait de rassembler se prolonge dans Regards d'ateliers, exposition présentant des travaux communs à Gilles du Bouchet et Thierry Le Saëc, à voir du 25 octobre au 20 novembre. On a ici le sentiment de deux cartes qui se dessinent l'une sur l'autre, pour mettre un jour, si ce n'est un territoire commun, au moins l'idée d'une jonction - jonction, plus que simple juxtaposition du geste - possible entre deux lieux artistiques autonomes et distincts. 

 

La troisième exposition, El cant dels ocells de Thierry Le Saëc, à voir du 22 novembre au 3 janvier, approche plusieurs aspects du travail de l'artiste, via des séries de dessins et peintures, des tentatives de formes et de couleurs, de traces à la fois spontanées et portant l'intensité d'une recherche, comme si, à force de les essayer, ces motifs iraient nous révéler ce qu'ils portent eu eux de secret. C'est ce chant des oiseaux qu'essaie de révéiller Thierry Le Saëc, en faisant parler les formes muettes.

 

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28 juin - 13 septembre

Stéphanie Ferrat, Une évolution sans but ni orientation

Stéphanie Ferrat - Structures

 

 


 

10 mai - 21 juin

Fumika Sato, œuvres sur papier

Fumika Sato

 

L'exposition présente pour la première fois le travail de Fumika Sato, jeune artiste japonaise vivant en France. Peinture sur photographie, série d'origami dont l'objet devient l'empreinte de la gravure, variation sur le motif de la mer via des monotypes où la couleur est perçue comme une matière. Fumika Sato pose les thèmes d'une œuvre en constante invention.

 


 

8 mars - 19 avril

Magali Latil, Linceuls

carton

 

Un simple crayon, le refus de la couleur, le renoncement au geste, Magali Latil est un peintre qui travaille avec les outils de l’écrivain, avec la minutie du scribe. Mouvement vers une parole perdue, une vibration qui cherche sa forme, un linceul posé sur le langage.

 

Et linceuls posés sur l’absence, membrane coulée au centre, trace contre l’effacement. Le tracé condense une agrégation de tissu, une irrigation. Un tissage, comme un raccommodage de l’espace, de l’espace fait corps. Nous voyons et ce ne sont jamais des peaux, mais leur matière est organique. Une vue sous le corps, pas un geste mais une couture, un rassemblement jusque dans le délitement. Nous sommes à l’envers des choses, dans le dos, le vêtement intérieur.

 

On pourrait chercher des mains, des vertèbres, des voluptés, des corps évanescents, allongés, des danses. Ce n'est pas l'image ici qui est en jeu, c’est autre chose, c’est à travers. Dans la transparence de la moelle épinière ; une sensualité blanche.

 

°°°

 

Magali Latil est née en 1965 à Toulon. Elle expose régulièrement depuis les années 1990, tant dans le cadre d’expositions collectives en France (galerie Artena à Marseille, galerie Telo Martius à la Seyne-sur-Mer, Musée des Beaux-Arts de Tourcoing…) et à l’étranger (Japon, Pays-Bas, Grèce, Espagne…) que dans le cadre d’expositions individuelles (Villa Tamaris à La Seyne-sur-mer, galerie l’Espace du dedans à Lille, galerie du Temple en Lozère, galerie Remarque à Trans-en-Provence)…

 

Peintre sensible à la poésie et attentive aux liens qui unissent les langages plastiques et littéraires, elle a collaboré avec certains des poètes contemporains les plus importants, tels que Bernard Noël, Edith Azam, Ludovic Degroote, Erwann Rougé ou Jean-Louis Giovannoni …

 

Magali Latil est également l’auteur d’ouvrages de notes sur la création, publiés chez divers éditeurs (Editions Ircam-Centre Pompidou, Editions Pré Carré, Editions Pourquoi pas…) et son travail plastique a fait l’objet de plusieurs catalogues.

 

La présente exposition propose un choix d’œuvres récentes, comme les Grands calques, les Petites formes d’attente, ainsi que la série des Linceuls qui donne son titre à l’ensemble.

 


 

10 janvier - 1er mars 2014

Daniel Mohen, La carrière romaine

 

Daniel Mohen - Arts 06-copie-1  

 

Perpétuant une certaine idée de peinture sur le vif, le travail de Daniel Mohen dans sa nature même est indissociable de ce qu'il représente. Chaque série se compose avec les possibilités du lieu, charbon des terrils, terre des carrières, lavis à l'eau des rivières et des flaques, chaque œuvre porte en elle sa géographie.

 

Peinture de traits et de masses, circonscrites dans le théâtre d'une ancienne carrière romaine, dont les lignes horizontales et circulaires se confrontent aux blocs de pierres qu'on y a découpé ; peinture qui refuse l'immobilité, dont l’œil cherche sans cesse à saisir une stabilité sans jamais se fossiliser. Les compositions menacent de s'effondrer, en constant éboulement, mais finissent toujours par trouver leur équilibre, leur rythme sous-jacent.

 

Des croquis de pluie aux peintures qui cherchent à conjuguer ces masses qui s'opposent, Daniel Mohen nous donne à comprendre l'itinéraire d'un regard, à l'intérieur de cet atelier de plein air, nous apprend à voir ce que le motif dissimule et révèle à la fois.

 

 


 

Années précédentes

 

2013

2012

2011

2010

 

 

du 2 mai au 20 juin

 

Gérald Thupinier

...une figue de paroles...

 

 

…une figue de paroles… le tracé d’abord d’un crayon, qui dessine le contour d’une forme à remplir, comme le possible d’un territoire à combler autant qu’à transgresser. Un motif, celui de la feuille de figuier, pour une parole plurielle, motif comme une matière, motif immobile dans la variation de la matière. Ces feuilles seront blanches, non pas stériles mais issues de la fécondation, de la variation du blanc, jusque dans ses gris, ses noirs, ses ocres, nuances posées sur l’échelle du blanc.

 

Brouillages, coulures, empâtements, déplacements d’un geste qui vient étrangement lisser la surface, lui donner une douceur muette. Il se joue ici la simplicité d’une forme qui se dépasse et se recompose à l’intérieur de ses propres contours. Une vibration intime, incertaine, un écho en soi. On voudrait toucher cette peinture, qui offre un miroir à la profondeur plane ; un silence. On ne touche jamais que la surface de l’autre.

 

Feuilles de figuier végétales en pochoir sur les papiers éclaboussés, sur les papiers passés au noir de fumée, les eaux sales de l’atelier, l’huile indélébile. Feuilles rescapées d’incendies, motifs peints avec des restes. Comme pour en tester la résistance, la dilution possible du trait, du contour d’une matière qui ne cherche pas à faire bouger les bords du motif mais qui vient le recouvrir, le repousser, le salir ; en sonder la limite. Nous sommes dans le geste profond de la peinture, ce dialogue incessant qui étreint la forme autant qu’il la rejette, pour enfin la révéler, distordue, repensée, intangible et neuve.

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