Galerie Arts 06

Galerie Arts 06

Expositions 2013

 

5 novembre - 28 décembre 2013

Jean-Gilles Badaire et les éditions Jacques Brémond

 

Paysage aux arbres gris blancs  Silence solitaire - Badaire  Paysage de Loire

 

On entre de plain pied dans les paysages de Jean-Gilles Badaire. Laissant derrière soi le simple rôle de spectateur on se trouve mis au cœur de la toile. La peinture ici est fluide, mouvante, la brume presque tangible, le fleuve est liquide, on en voit les reflets, les miroitements. L’épaisseur de la terre. Nous nous retrouvons là, promeneurs au centre d’un réalisme onirique vidé des hommes.

 

On se sent marcher le long des berges, au milieu des îlots humides, terres noyées sous des ciels qui coulent. On marche, guidé par le chemin balisé de silhouettes verticales, muettes. On croise des arbres pliés dans le vent comme des mains retournées, un bosquet d’herbes hautes contemple son reflet dans l’eau, trois piquets plantés dans le sol penchés les uns vers les autres forment un étrange conciliabule. Tout, ici, est habité par un tempérament.

 

Enveloppés à l’intérieur de cette dramaturgie secrète nous saisissons la double réalité qui est ici à l’œuvre : la réalité du paysage pénétrée par celle de l’émotion du paysage. Il s’agit de rendre à la fois ce qui est vu et ce qui est perçu. Etablir la présence du motif et la présence du peintre, dans un même mouvement. Ce qu’il y a dans l’espace et derrière l’espace, c’est à dire, notre regard.

 

Parcourant ces territoires où chaque arbre semble vivant, on s’étonne de sentir partout la solitude sans pouvoir la désigner. C’est que l’on sait instantanément où l’on se trouve, tout en se sentant perdu face à ces présences silencieuses. On reconnaît les espaces, mais les couleurs sont intimes, sont celles de l’esprit. On comprend alors que nous sommes l’élément immobile du paysage, et que nous lui donnons notre solitude.

 

 

Nous sommes là, comme devant une présence essentielle qui viendrait attester de notre propre présence – nous en prenons les teintes et la substance – nous en devenons, plus que les marcheurs, les rêveurs.

  

 

  ***
  
  
Né en 1951, Jean-Gilles Badaire est peintre, dessinateur et écrivain. Grâce à plusieurs dizaines d'expositions personnelles et de nombreux livres d'artistes avec des poètes de tous horizons, il est devenu l'une des figures majeures à la croisée de la poésie et de la peinture.
  
La présente exposition propose un choix de peintures récentes, et met à l'honneur les éditions Jacques Brémond qui publient à cette occasion Sur un poème de Thierry Metz de Cédric Le Penven, illustré par Jean-Gilles Badaire.


  

13 septembre - 2 novembre 2013

Robert Groborne : Gravures 1979 - 2013

 

Groborne affiche  Groborne91  Groborne arche noire

 

C’est faire un curieux voyage que de marcher parmi les paysages de Robert Groborne. On traverse non pas des paysages mais des objets, non pas des objets mais des territoires à l’intérieur de soi, donnés à la vue intérieure, qui sans cesse se recomposent et se fragmentent. Mouvement, transformation d’un objet externe en espace mental, figuration du temps qui remue. Dans la pesanteur et la flottaison, les motifs se détachent ; géographies perdues, l’œil arpente ses souvenirs, traverse parcelles suspendues, terres esquissées, agglomérations moléculaires, effondrements.

 

Il s’agirait d’emporter avec soi un témoin pour le voyage, dans la traversée de ce qui passe, dans le sillon tremblant qui sinue à travers les jours ; ligne incertaine, chemin où l’on verse sa vie. Bien sûr on ne peut recueillir que ce qui a disparu. C’est ça et ce n’est pas tout à fait ça ; on coche les jours gravés, on creuse, on vide, on découpe. Un temps contre un autre temps. La masse et son négatif. Quand il s’agirait de passer par les deux versants, ce que l’on était prêt à saisir soudainement se réforme à l’inverse lorsque la nuit se fait. On cherche à voir, à revoir la projection mémorielle de l’ombre à travers la lumière.

Ce qui aveugle, dans cette alternance d’apparitions et de disparitions, est aussi ce qui sombre.

 

 


 

5 juillet 2013 - 31 août 2013

Meaningless, d'Olivier Roche

 

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C’est un monde entre-deux que nous donne à voir Olivier Roche. Un monde peuplé de lieux flous, rendus à leurs lignes, encore mal arrivés, pas complètement établis. Abandonnés par les hommes ou en attente du retour des hommes ; c’est moins leur utilité qui intrigue que la réalité de leur présence fantomatique. Un monde silencieux.

 

Il faut y remettre les yeux, le regard ne saisit pas tout de suite ces formes plates et diluées dans une lumière neutre – premier geste vers l’effacement ou dernier mouvement avant la mise au net. On cherche une raison d’être à ces édifices qui gagnent en phosphorescence à mesure qu’ils s’estompent. Des bâches déchiquetées colmatent des entrées noires, d’anciennes enseignes ne réclament plus rien, caisses entassées sur la neige comme un monument qui apparaît soudain au terme d’un chemin oublié, lieux que la lumière n’ouvre plus, pas vides : vidés.

 

On cherche le sens et la circulation ; pourquoi ces portes, ces fenêtres et ces escaliers, dans quel but, pour qui et à quoi bon ? Des hommes invisibles y officient, ou y ont séjourné, et laissent derrière eux des traces incomprises. Sans jamais donner vraiment le sentiment d’avoir incarné ces endroits incertains qui s’étalent et disparaissent sur eux-mêmes.

 

 

 



 

10 mai 2013 - 29 juin 2013

Petits reliefs domestiques, de Leonardo Rosa

& œuvres croisées avec Mara Gallo

 

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L’œuvre de Leonardo Rosa est œuvre de restes, une œuvre outre le lisible et le sens premier. Langage et loi, traces mises au temps – pendues à sécher sur la corde du temps. Dialogues morcelés, échos fragmentés, rapiècements contre l’oubli ; cendre éparpillée du vieux langage. 

 

La récupération, le rebut, la ruine n’y sont pas une fin, mais des états. L’idée des choses morcelées mises ensemble moins pour recomposer un paysage aboli que pour donner à voir et à comprendre la coexistence des choses dans la durée. Ces signes se croisent, se compilent et se superposent, gestes d’un esprit tourné en permanence à l’essai et dont les tentatives dialoguent dans ce qui s’écoule.


Une œuvre dont l’artiste semble se retirer, qui continue après son passage, non pas tant dans son autonomie que dans sa prise au temps : rétrécissements de la matière, altérations des formes et des couleurs, crispations, expansions : sachets de thé devenus peu à peu le suaire d’une absence, anciens registres d’écriture découpés face à des alphabets de brindilles calcinées, empreinte de fèves sur le papier… Leonardo Rosa porte une œuvre laissée à la question des jours.

 

 Que cherche-t-on dans la bouche des mots, que cherche-t-on dans l’herbe ?

 

 



8 mars 2013 - 4 mai 2013

Editions Unes, parcours d'un éditeur singulier

 

vignette Unester

 

 

A l’occasion du 15ème Printemps des Poètes, la galerie-librairie Arts 06 à Nice et la médiathèque « Les Quatre- Chemins » de la ville de La Trinité organisent une double exposition autour du parcours des Editions Unes.

 
Cette rétrospective, qui témoigne du travail accompli depuis 1981 par l’éditeur Jean-Pierre Sintive dont l’exigence, du choix des textes à leur réalisation et leur présentation, au choix des papiers ainsi qu’au recours systématique à l’impression typographique, font des Editions Unes une référence dans le domaine de l’écriture et de la poésie contemporaine. L’exposition souligne les relations fortes qui unissent les artistes aux écrivains, en mettant notamment en avant un large choix de tirages de tête, éditions limitées ou livres d’artistes, parmi les 240 ouvrages publiés par les Editions Unes.

Pas moins de 8 lectures et rencontres accompagneront ces expositions, avec les écrivains Ludovic Degroote, Yves di Manno, Daniel Fano, Sylvie Fabre G., Jean-Louis Giovannoni, Bernard Noël, Valerie Rouzeau & Pierre Tilman, ainsi que Martine Pringuet et Jean-Pierre Sintive. 

 

 


 

18 Janvier 2013 - 2 Mars 2013

Contes, collages numériques de Célixie

 

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Pourquoi revenir au conte, est-ce regarder derrière soi ou par-dessus soi ? Par dessus l'épaule des images que nous côtoyons quotidiennement. Il existe cette tentation de vouloir revêtir les images de nos aujourd'huis par les images communes des histoires racontées de l'enfance. Regarder le monde en interrogeant l'enfance – ce qu'il reste du monde, ce qu'il reste de l'enfance.


Chaque monde raconte une histoire, et Célixie, duo d'artistes issu d'une génération passée sans transition de Walt Disney à Quentin Tarantino, à l'aide de collages numériques aux accents surréalistes, essaie de chausser le pied vulgaire de la réalité dans le soulier de verre du conte. Couleurs saturées, figures criardes, le monde contemporain se maquille grossièrement, se farde des légendes. Il s'opère ici comme une infusion de laideur pour souligner une supercherie sous acides.


Ce qui se joue, peut-être, c'est au final notre propre légende, cette histoire que l'on se raconte pour donner au monde – au petit monde intime de soi-même – un chemin acceptable à emprunter. Au milieu de la forêt inquiétante des autres, et des phénomènes aux visages d'ogres. Tout comme à l'origine le conte raconté le soir en se couchant nous met à hauteur de l'angoisse afin d'affronter nos cauchemars à armes égales, il s'agit ici, le matin au lever, de mettre son anxiété à la hauteur de la réalité.


Peut-être va-t-il falloir s'y faire : il n'y a plus de magie au pays d'Oz.

      

 


 

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