Galerie Arts 06

Galerie Arts 06

Expositions 2012

 

 

16 Novembre 2012 - 12 Janvier 2013

Tel barque, peintures de Philippe Guitton

 

Philippe Guitton-tel barque   Guitton-2   Guitton-3

 

 

Philippe Guitton, entre trait et trace, ébauche et frottement, habité autant par la croyance que par l'incertitude de la possibilité du geste, semble retoucher des dessins disparus. Apparitions fantomatiques dont le motif est absent, ôté de la feuille, dont il ne reste que la biffure, la correction ; le crayon redresse, courbe et s'écroule, s'affaisse brutalement en trainées sombres et parfois touches délicates, l'extrême délicatesse d'un geste qui participerait à rectifier le monde sans prétendre y toucher. Ne restent, suspendus à la hauteur du vertige, que des incisions noires sur des vestiges de papier.

 

Retouches, tentatives, frustrations, percées vers une présence revenue, rejaillie d'un état instable issu du brouillage et de l'effacement, mais de l'effacement brun, apparent, effacement qui dans sa volonté d'essuyer la tache sous-jacente, maquille, dissimule, frotte la profondeur – simplement pose un linceul déchiré sur la parole absente, la parole égouttée. Un nouveau réel recueilli dans le réel labouré, ou plutôt un fragment incertain, assemblé, noyé, cousu, ébauché : l'invitation sensible à devenir d'un artiste dont l'œuvre apparaît à mesure qu'elle cherche à s'effacer.

 

 


 

15 Septembre - 10 Novembre 2012

Territoires, peintures de France-Noëlle Pellecer

 

Pellecer - Territoires  Pellecer - Katrina2

 

 

Les formes – nous pourrions aussi dire le sujet – semblent toujours jetés à la brisure sur les toiles de France-Noëlle Pellecer : corps éclaboussés sur les lignes de tension géométriques, sur ces découpages de la couleur et des territoires. Photographies documentaires marouflées et rongées par les invasions d'encre, vestiges, traces et effacement ; on reconnaît la volonté de témoigner par la peinture – dans la peinture – de la précarité de ces mémoires d'hommes emportés sur la terre, comme le montre cette série se référant à l'ouragan Katrina qui anéantit en 2005 une grande partie de la ville de la Nouvelle-Orléans. Vies brouillées, destinées contrariées, émergences et confusion sous-jacente, ces toiles se hissent en équilibre permanent et fragile entre les noirs furieux et le calme des blancs estompés.

 

 

 


 

6 Juillet - 7 Septembre 2012

Jean Fautrier, Eaux-fortes 1925-1964

 

Jean Fautrier - Griffure   fautrier-Rochers   Fautrier - Griffures

 

 

L'exposition présente une vingtaine de gravures de Jean Fautrier, réalisées tout au long de sa carrière, entre 1925 et 1964. Outre la variété des sujets (paysages, constructions, nus, griffures...), on sera surtout saisi par la puissance du trait, la fraîcheur intacte des couleurs, obtenue grâce à la superposition de techniques multiples (eaux-fortes, aquatintes, parfois lavis), effet renforcé par la qualité des papiers utilisés par l'artiste : Arches, Japon, Auvergne à forts grammages. Ces œuvres, dont les faibles tirages soulignent la rareté et la valeur, donnent à comprendre le travail sur une période de quarante ans d'un artiste majeur du XX ème siècle et célébré dans le monde entier, dont le poète Francis Ponge disait : il est le peintre le plus révolutionnaire du monde à ma connaissance depuis Picasso.

L'exposition propose également une importante sélection de livres, plaquettes rares, catalogues et textes sur Jean Fautrier. 


Aucune forme d'art ne peut donner d'émotion s'il ne s'y mèle pas une part de réel. Si infime qu'elle soit, si impalpable, cette allusion, cette parcelle irréductible est comme la clef de l'oeuvre. Elle la rend lisible, elle en éclaire le sens, elle ouvre sa réalité profonde, essentielle, à la sensibilité qui est l'intelligence véritable.

 

Jean Fautrier « à chacun sa réalité » (retrouvez ici le texte intégral)

Principales expositions - Repères biographiques 

 

 


29 Mai - 29 Juin 2012

Le partage des mondes

Pour fêter les 20 ans éditions Tipaza

 

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En 2012 les éditions Tipaza fêteront leurs vingt ans. A cette occasion, un ouvrage collectif est édité dans la collection Néographies. Il a pour titre et pour thème « Le partage des mondes » et il est constitué de vingt-cinq textes inédits de poètes contemporains et autant d’œuvres de plasticiens. L’exposition présente les œuvres originales des artistes et les textes de l’ouvrage.

Pourquoi ce titre « Le partage des mondes » ? Parce que c’est l’exact opposé du partage « prédateur » du monde, celui que le réel nous impose et que nous subissons. La simple marque du pluriel qui s’y trouve inscrite nous amène à considérer la singularité de chacun de ces mondes et les échanges qui peuvent se produire entre eux d’une part, et vis à vis des lecteurs d’autre part.

Vingt-cinq poètes
Françoise Ascal, Jeannine Baude, Daniel Biga, Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, Sophie Braganti, Gilbert Casula, Philippe Chartron, Chantal Danjou, Claude Haza, Tita Reut, Claude Held, Werner Lambersy, Benoist Magnat, Marcel Migozzi, Marcel Moreau, René Pons, Katy Remy, Daniel Schmitt, Jean-Claude Villain, Colette Gibelin, Raphaël Monticelli, Alain Freixe, Serge Pey, Jean-Damien Roumieu, Dominique Sorrente.

Vingt-cinq plasticiens
Clairicia Aaz, Alexandra Allard, Henri Baviéra, Alain Boullet, Gilles Bourgeade, Jacques Clauzel, Gérard Eppelé, Franta, Michel Gaudet, Jani, Michel Joyard, Patrick Lanneau, Thierry Lambert, Jean-Jacques Laurent, Catherine Monmarson, Bruno Mendonça, Serge Plagnol, Claudie Poinsard, Reyboz, Françoise Rohmer, Tanagra, Fumika Sato, Margaret Michel, Bernard Alligand, Andelu

Les Editions Tipaza créent des livres d’artistes depuis 1992. Ces livres mêlent tous étroitement textes poétiques et œuvres plastiques, en faisant appel à des techniques de reproduction diverses (offset, lithographie, sérigraphie, gravure, etc.) selon la collection dans laquelle ils s’inscrivent. Yvy Brémond et Gilbert Casula sont les principaux organisateurs des Editions Tipaza et ils partagent étroitement la création des livres avec les auteurs et les plasticiens.
Aujourd’hui les Editions Tipaza proposent six collections: «Néographie» (la première), «Libre court », « Livres d’Artistes », « Les petites proses de mai », « Pleine page », et « Métive » la plus récente. Ils diffusent eux-mêmes les ouvrages auprès des bibliothèques, dans les salons du livre, par correspondance et dans quelques librairies de confiance. Fonctionnant en association loi 1901, le profit n’est pas leur objectif, ils essayent simplement de rentrer dans leurs frais pour l’imprimerie, le façonnage, les frais de stand, les déplacements... de façon à pouvoir publier à nouveau.
C’est avec passion que les Editions Tipaza poursuivent l’aventure pour multiplier les occasions de belles et prestigieuses rencontres auprès d’auteurs complices et généreux.
 

 

 


 

7 Mai 2012 - 27 Mai 2012

Big up Biga !

une rétrospective du travail plastique de Daniel Biga

 

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Pour saluer Biga

 

On lit certains poètes pour les lents mouvements qu'ils impulsent au langage, pour la torsion de leur ton, pour la limpidité d'une vision. On lit Daniel Biga pour la corde vocale, pour la langue toute entière, pour le dessin général, pour l'embrassement d'une voix qui parle à tous. C'est l'écriture fraternelle, qui déborde et qui jamais ne semble se rétracter sur soi. Poésie graffitti qui arrête le lecteur passager et l'interpelle, pour le remettre sur son chemin une fois les yeux changés. Et dans telle ou telle rue du souvenir on se dit qu'à côté de son copain Killroy dessiné à la hâte sur le mur, Biga was here ! Biga était là.

 

Daniel Biga nous vient de Peter Pan, éternel enfant tour à tour frondeur et mélancolique, espiègle et grave. Non pas que son monde soit imaginaire – ou alors il faut considérer la poésie comme le grand Lieu Imaginaire, là où le temps, celui du poème, est infini – mais parce que le motif du jeu est au centre de son œuvre. Le jeu sur les mots, sur leur musique, leurs significations en chausse-trappes, je joue à être moi-même, pourrait-on dire. Comme un sale gosse qui aurait mal lu Rimbaud et serait devenu Rimbaud. Mots compagnons de tous bords, poésie qui invite aussi bien l'anglais que le danois, le nissard et l'italien. Pourquoi une langue et pas une autre ? Pourquoi pas toutes les langues, et dans ce cortège toutes les sonorités, tous les sens, tous les détournements ? Biga pose sur la complexité du monde une simplicité complète. Il répond par la variété, le calembour, le ton direct, l'arrière-pensée mise à nu. Comme s'il voulait se dérober à la poésie il inscrit son œuvre dans le domaine immédiat de la vie. Il marche sur les passerelles. Ses livres sont de ceux qui affirment que ce sont bien les poètes qui font la poésie.

 

Biga enseigne à son insu, sans être maître, sans invoquer de chapelle. Quel besoin d'appartenir d'ailleurs à telle ou telle chapelle lorsqu'on bâtit tour à tour des cabanes de bois et des cathédrales ouvertes aux vents ? Lorsqu'on aménage le « rivage de l'amour total » ? Il refuse les cloisons des chapelles, il refuse de se faire enfermer dans une image, encore moins dans la sienne. Poète ou peintre, il ne s'enferme jamais en lui-même. Des oiseaux fous – mohicans – des débuts, encres joyeuses et collages éparpillés, au travail plus conceptuel, théorique de ses tableaux d'anatomie sexuelle, jusqu'aux grands rouleaux de papiers foulés aux pieds, peintures circulaires, mains tendues vers soi, vers l'autre. Il faut voir, il faut lire l'oeuvre de Biga comme un cœur qui bat.

 

Il faut aussi se souvenir de Peter Pan, enfant à rebours soumis à la grande angoisse de la mort. Ce n'est pas parce que l'on refuse de vieillir que le temps ne passe pas, mais même sur les pierres tombales – à l'Athanée – Biga nous accueille avec ses fragments juvéniles, toujours à l'affût de quelque mauvais coup, des découvertes nécessaires plein les poches. Il nous souhaite la bienvenue, plus fringuant à chaque livre, lui qui se cabre se débat et piaffe comme pour dire : vous ne m'enfermerez pas dans une langue. Ses poèmes sont des plus précieux : ils nous font gagner du temps.

 

Il faut remercier Daniel Biga, poète revenu chercher son ombre sur la terre, d'écrire à 70 ans les poèmes qu'on aurait voulu écrire à 20 ans.

 

Big up Biga. 

 

 


 

11 Février 2012 - 15 Avril 2012

Burle e Rilievi, peintures et installations de Matteo Eula

avec la participation de Federico Dalmasso

 

 

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Durant l'été 2008, Matteo Eula (peintre), Enrico Ercole (photographe) et Fabio Magi (poète), partent en excursion dans les vallées de Cuneo, en Italie. 

Matteo Eula y peint sur des panneaux de bois aggloméré ces profils montagneux que vous pouvez découvrir à l'occasion de l'exposition que nous lui consacrons actuellement.

Pendant qu'Enrico Ercole prend les photographies de ce que les trois amis appellent un « récit pour les yeux », Fabio Magi lui, met en poésie cette excursion, cet éloignement pour un instant de « la réalité, à la recherche intime et timide de soi-même. » 

L'exposition présente également un autre aspect du travail de Matteo Eula : le goût pour les installations. Inno a lagioia, imposant bas-relief burlesque réalisé en collaboration avec Federico Dalmasso, et Idea et azione, construction mentale autour d'une partie d'échecs.

Peintre du sensiblle autant qu'artiste de l'intellect, Eula nous montre une œuvre qui pense, une autre qui vit.

 

 


 

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