28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 05:53

du 27 juin au 29 août

 

GILBERT PASTOR

Peintures & dessins

 

    

On arrive toujours trop tard devant un tableau de Gilbert Pastor. Le drame est noué. Le drame, ou plutôt quelque chose d’irréparable, de l’ordre de la terreur recroquevillée de vivre. Personnages prisonniers de leurs chambres sombres, prostrés sur des lits défaits, allant jusqu’à se confondre aux draps, corps anonymes fondus dans une prostration aveugle. Etres abandonnés à leurs cauchemars, visages d’enfants, silhouettes hagardes. On assiste désemparé à la détresse silencieuse de personnages muets, sans issue. Dans ces tableaux qu’on entendrait pleurer la nuit, il y a toujours une lumière, qui témoigne d’une porte, d’une fenêtre à la marge de la toile. Un découpage de lumière géométrique qui vient poser sa froideur sur le corps nu, et semble toujours indiquer plutôt le point d’entrée des menaces extérieures qu’une possibilité d’échappatoire.  Restent les fantômes, surgis de la matière, nés d’un hasard de couleurs et qui semblent passer dans l’urgence de se soustraire aux murs qui les dessinent et tentent de les figer. Traces d’esprits, vapeurs de rêves, âmes dissociées, c’est cette impalpable matière qui vient achever de nous troubler – on ignore s’ils viennent nous hanter ou s’ils nous indiquent une sortie. 

Actuellement

Les personnages de Gilbert Pastor sentent, transmettent la lumière de l’invisible, de l’en-dedans ; ils se donnent à voir clairement, en transparence ou dans l’effacement de la matière. Cette matière, parfois re-prise en partie ou dans sa totalité, parvient à créer des lieux d’opacité lumineuse, des évanouissements de formes et d’étendues. Ses créatures, d’une présence troublante et persistante ne représentent pas des femmes. On pourrait dire plutôt que les femmes sont des personnages, de la matière neutre, des apparitions, des apparitions de la matière. Il en est de même pour les enfants : leurs regards effarés sont réels comme le nôtre (au moment de la rencontre avec la toile) qui se saisit de leur chair, de leurs yeux et se dilue dans les murs, dans l’origine du fond, dans le regard premier du peintre.

Jean-Pierre Sintive

Actuellement

Gilbert Pastor est né en 1932 à Marseille. Son travail a fait l’objet de près de cinquante expositions personnelles depuis la fin des années 70, que ce soit en galeries (galerie Le Lutrin à Lyon, galerie Béatrice Soulié à Paris, galerie Remarque à Trans-en-Provence, galerie Ardital à Aix-en-Provence, galerie Michel Luneau à Nantes, galerie Philip à Paris, galerie Berlioz à Sausset-les-Pins…) ou en centres d’art. Il a également participé à une trentaine d’expositions collectives. Gilbert Pastor a régulièrement collaboré avec des poètes (Bernard Noël, Jean-Louis Giovannoni, Fabienne Courtade, Pierre-Albert Jourdan…), la plupart du temps aux Editions Unes, qui ont publié en coédition avec Propos2 la première monographie consacrée à l’artiste en 2013 : Gilbert Pastor, les apparitions de la matière.

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du 2 mai au 20 juin

 

Gérald Thupinier

...une figue de paroles...

 

 

…une figue de paroles… le tracé d’abord d’un crayon, qui dessine le contour d’une forme à remplir, comme le possible d’un territoire à combler autant qu’à transgresser. Un motif, celui de la feuille de figuier, pour une parole plurielle, motif comme une matière, motif immobile dans la variation de la matière. Ces feuilles seront blanches, non pas stériles mais issues de la fécondation, de la variation du blanc, jusque dans ses gris, ses noirs, ses ocres, nuances posées sur l’échelle du blanc.

 

Brouillages, coulures, empâtements, déplacements d’un geste qui vient étrangement lisser la surface, lui donner une douceur muette. Il se joue ici la simplicité d’une forme qui se dépasse et se recompose à l’intérieur de ses propres contours. Une vibration intime, incertaine, un écho en soi. On voudrait toucher cette peinture, qui offre un miroir à la profondeur plane ; un silence. On ne touche jamais que la surface de l’autre.

 

Feuilles de figuier végétales en pochoir sur les papiers éclaboussés, sur les papiers passés au noir de fumée, les eaux sales de l’atelier, l’huile indélébile. Feuilles rescapées d’incendies, motifs peints avec des restes. Comme pour en tester la résistance, la dilution possible du trait, du contour d’une matière qui ne cherche pas à faire bouger les bords du motif mais qui vient le recouvrir, le repousser, le salir ; en sonder la limite. Nous sommes dans le geste profond de la peinture, ce dialogue incessant qui étreint la forme autant qu’il la rejette, pour enfin la révéler, distordue, repensée, intangible et neuve.

 

Actuellement

Gérald Thupinier est né en 1950 à Moulins, il vit et travaille à Nice.

Il expose dès le début des années 1980, à titre personnel, à L'Atelier à Nice, ou dans des expositions collectives dans toute la France (de Paris à Nice, en passant par Tours et Toulouse). Il entre très vite à la galerie Stadler à Paris, qui l’expose régulièrement de 1984 à 1994, ainsi qu’à la galerie Arlogos de Nantes qui le représentera de 1984 à 2002. L’œuvre de Gérald Thupinier fera également l’objet de plusieurs expositions dans les Instituts français à travers le monde, notamment à Rhodes, Athènes, Thessalonique, Bucarest. De nombreux catalogues ont été édités sur son travail, comme après les grandes expositions organisées par le Musée d’art moderne et d’art contemporain (MAMAC) de la ville de Nice en 2001, ou par l’Hôtel des Arts de Toulon en 2006.

A ce jour, on compte une quarantaine d’expositions personnelles, près de 80 participations à des expositions collectives, et ses œuvres sont présentes dans de nombreux musées et lieux institutionnels : Fonds National d’Art Contemporain de Paris, Musée d'Art Contemporain de Bordeaux, Espace d'Art Moderne et d'Art Contemporain de Toulouse, Musée Cantini de Marseille, Musée d'Art moderne et d'Art contemporain de Nice, Musée de Toulon, Musée des Beaux-Arts de Nantes, Collection Robert et Lisa Sainsbury, University East Anglia, Angleterre...

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Lettre d'information

Prochaine lecture

Joëlle Basso

Pour son livre TUF II

paru aux éditions de

l'Atelier du Grand Tétras 

le samedi 8 août à 19 h.

  

 

Prochaine exposition

Leonardo Rosa

in fine

vernissage le 12 septembre à 19 h

 

 

 

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