du 20 septembre au 23 octobre

 

GILLES DU BOUCHET

 

Pages ouvertes

 

 

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De septembre à décembre, nous présentons un cycle de trois expositions autour des artistes Gilles du Bouchet et Thierry Le Saëc.

 

La première exposition, Pages ouvertes de Gilles du Bouchet, se tiendra du 20 septembre au 23 octobre, et présentera peintures, dessins, gravures et sculptures à travers lesquelles l'artiste investit la question de la fragmentation du lieu, de l'espace de cette page ouverte de la création. Œuvre labyrinthique où le blanc trace des chemins plus qu'il ne les efface, où les masses essaient en permanence de s'ajuster, créant le motif instable en perpétuel mouvement d'un territoire qui ne cesse de s'inventer autant qu'il se dérobe.

 

Ce rapport à un monde que l'on tenterait de rassembler se prolonge dans Regards d'ateliers, exposition présentant des travaux communs à Gilles du Bouchet et Thierry Le Saëc, à voir du 25 octobre au 20 novembre. On a ici le sentiment de deux cartes qui se dessinent l'une sur l'autre, pour mettre un jour, si ce n'est un territoire commun, au moins l'idée d'une jonction - jonction, plus que simple juxtaposition du geste - possible entre deux lieux artistiques autonomes et distincts. 

 

La troisième eposition, El cant dels ocells de Thierry Le Saëc, à voir du 22 novembre au 3 janvier, approche plusieurs aspects du travail de l'artiste, via des séries de dessins et peintures, des tentatives de formes et de couleurs, de traces à la fois spontanées et portant l'intensité d'une recherche, comme si, à force de les essayer, ces motifs iraient nous révéler ce qu'ils portent eu eux de secret. C'est ce chant des oiseaux qu'essaie de révéiller Thierry Le Saëc, en faisant parler les formes muettes.

 

dessin-t-le-saec-et-gilles-du-bouchet-22-par-31-2004.jpg    Thierry le Saëc - dessin

Gilles du Bouchet & Thierry Le Saëc                                                                                                   Thierry Le Saëc

 

 

d’un atelier l’autre, par Gilles du Bouchet

 

Une épreuve défectueuse il y a quelques mois à Kergollaire dans l’atelier de Thierry Le Saëc aura été à l’origine de ce projet. Une épreuve défectueuse oubliée dans un coin de l’atelier mais retrouvée et en quelque sorte ressuscitée par Thierry Le Saëc comme on recycle un morceau de bois ou de métal ; exercice auquel, il est vrai, chacun d’entre nous a pu se livrer pour son propre compte dans le huis-clos de l’atelier, mais exercice qui acquiert, là, une portée nouvelle dès lors que c’est à travers le regard distancié de l’autre que s’effectue cette reprise. Regard distancié, presque indifférent à nos intentions les plus secrètes sinon les plus obscures ; c’est même sa vertu principale ; indifférent et amical, amical parce qu’étranger ; comme d’un « usage » qui ne se découvrirait qu’à la faveur d’une telle intervention ; toute page, toute inscription dans une page constituant une proposition qu’il appartiendrait à l’autre de prolonger, ou comme la forme particulière d’une conversation dont le matériau, papier-pigment-colle, devient alors moyen et témoin tout à la fois. Prolonger, interrompre, accentuer ou atténuer, infléchir ou voiler, autant d’opérations susceptibles de révéler ce qui, contenu dans la proposition de départ, serait peut-être resté hors de portée de son initiateur sans un geste étranger qui précipite la distance et institue l’anonymat d’un objet qui échappe par là même à toute appropriation.


« Une chose réussie n’est que la transformation d’une chose manquée » dit Valéry. Mais une chose réussie n’en est pas moins à son tour justiciable d’une transformation.


Au demeurant, il n’est sans doute ici question ni de réussite ni d’échec mais plutôt de territoires et des juridictions particulières qui régissent ces territoires ; de la possibilité que recèle alors une page d’accorder, parfois fragilement, ces juridictions : contraintes qui peuvent être levées, protocoles qui peuvent être abrogés ou infléchis, réserves, dans tous les sens du terme, de part et d’autre. C’est à ces conditions que quelque chose, là, aura parlé : autrement.

 

 

 

Etranger et familier, par Thierry Le Saëc

 

 

Dans l'atelier, ce lieu secret et intime, il y a peu de place pour recevoir autre chose que la seule parole du peintre, même si elle se nourrit, si elle doit se nourrir de tout le réel, de la moindre brise de vent au souvenir d'un dessin de quattrocento vu il y a longtemps, de la forme parfaite d'un outil à une suite de Bach. Tout ici converge vers une tension, une attention au désordre, un geste en apnée qui va permettre à l'inattendu d'être. Équilibre et déséquilibre, action et retrait, dans ce lent cheminement la pensée se fraie un chemin vers ce qui n'est pas encore.

 

Comme le rappelle Gilles du Bouchet, c'est après son départ de l'atelier, que, face à une de ses gravures qui était restée en évidence sur le plan de travail, gravure dite refusée ou simplement ratée ou défectueuse, non aboutie, devrions-nous dire, que ce morceau de réel m'est apparu, à la fois étranger et familier, offrant par la même une possibilité de rebond. S'en emparer comme on le fait d'un vol d'oiseau, d'une note de musique, d'une forme vue dans l'espace, d'un substrat resté et emmagasiné après la lecture d'un poème ou la découverte d'une toile. Ici nulle volonté de domination ni même de partage à priori, mais seulement et simplement un même élan vers ce qui n'était pas encore.

 

La matière du peintre est le monde, et dans le monde il y eut cette gravure laissée à mon regard, ce fragment d'énergie qui fut suffisant pour provoquer l'action, envisager un dessein. C'est à cette seule condition que peut être possible, ici, ce territoire avec ses juridictions particulières dont parle Gilles du Bouchet.

 

Et puis il y eut l'étonnement, le geste accompli, de voir émerger un dessin singulier, à nouveau étranger et familier, comme dans tout acte de création au moment de son accomplissement.

C'est ici que se trouve notre territoire d'un atelier [à] l'autre.

 

 

Textes publiés dans le numéro 19 de la revue La canopée

 

 

Prochaine lecture

samedi 4 octobre à 19 h

Emmanuel Laugier

Crâniennes

Editions Argol

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Exposition précédente

Stéphanie Ferrat

Une évolution

sans but ni orientation

Stéphanie Ferrat - Structures
 


 

 

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